L’incontinence anale :

comprendre, agir, retrouver confiance

L’incontinence anale touche plus de 10 % des adultes en France. Pourtant, ce trouble reste encore largement tabou. Difficulté à retenir les gaz, fuites de selles, peur des accidents, anxiété sociale… les conséquences peuvent être importantes sur la vie quotidienne, la confiance en soi et les relations sociales.

Si vous êtes concerné(e), sachez une chose essentielle : vous n’êtes pas seul(e), et des solutions existent.

Chez My Little Pessaire, nous souhaitons vous aider à mieux comprendre ce trouble, à déculpabiliser et à découvrir des solutions concrètes pour retrouver confort et liberté.

Qu’est-ce que l’incontinence anale ?

L’incontinence anale correspond à une perte involontaire de gaz ou de selles. Elle peut être occasionnelle ou plus fréquente, légère ou invalidante.

On distingue généralement :

  • les fuites de gaz
  • les pertes de selles liquides
  • les pertes de selles solides
  • ou encore les envies urgentes difficiles à contrôler

Les symptômes peuvent être occasionnels ou plus fréquents, légers ou très invalidants.

Contrairement aux idées reçues, l’incontinence anale ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Elle peut toucher les femmes comme les hommes, parfois dès le post-partum ou après certaines interventions médicales.

Comprendre les causes de l'incontinence anale

Le contrôle des selles dépend d’un équilibre complexe entre : les muscles du sphincter anal, le périnée, le rectum, le système nerveux et la qualité du transit intestinal.

Lorsque l’un de ces mécanismes est perturbé, des fuites peuvent apparaître. L’incontinence anale peut avoir de multiples origines, parfois associées entre elles :

  • suites d’accouchement, notamment après des lésions obstétricales du sphincter anal (LOSA)
  • relâchement du périnée et vieillissement naturel des tissus
  • prolapsus génital, en particulier rectocèle
  • constipation chronique ou diarrhées répétées
  • maladies neurologiques
  • maladies digestives chroniques
  • séquelles de chirurgie anorectale
  • traitements de radiothérapie ou certains traitements oncologiques.

Chaque situation étant unique, un bilan médical personnalisé est indispensable afin d’identifier les causes et proposer une prise en charge adaptée.

 

Les causes de l'incontinence anale en détail

Accouchement et lésions du périnée

Certaines femmes développent une incontinence anale après un accouchement, notamment en cas de déchirure périnéale sévère, forceps, gros bébé ou lésions obstétricales du sphincter anal (LOSA). Ces atteintes peuvent fragiliser les muscles responsables de la continence.

Prolapsus et troubles de la statique pelvienne

Le prolapsus pelvien, la rectocèle ou certaines descentes d’organes peuvent perturber le fonctionnement normal du rectum et du sphincter anal.

Constipation chronique ou diarrhée

Un transit perturbé peut également jouer un rôle majeur : diarrhées fréquentes, selles très liquides, constipation chronique et syndrome du rectum distendu.

Vieillissement naturel des tissus

Avec l’âge, les tissus et les muscles du périnée perdent naturellement en tonicité.

Maladies neurologiques ou digestives

Certaines pathologies peuvent aussi être impliquées : sclérose en plaques, maladie de Parkinson, AVC, maladies inflammatoires digestives, neuropathies, diabète.

Chirurgies et traitements médicaux

Certaines chirurgies anorectales ou traitements oncologiques (radiothérapie notamment) peuvent fragiliser les mécanismes de continence.

Constipation & incontinence : un lien méconnu 💩

Constipation et incontinence anale peuvent sembler opposées. Pourtant, elles sont fréquemment liées.

Lorsqu’un rectum reste encombré de selles dures, il peut se distendre progressivement. Cette distension perturbe la sensibilité rectale et le bon fonctionnement du sphincter anal.

Des selles liquides peuvent alors contourner le bouchon fécal et provoquer des fuites : on parle d’incontinence par regorgement.

Comme le rappelle le Pr Guillaume Meurette :

« Un rectum vide est un rectum qui ne fuit pas. »

Une prise en charge efficace de la constipation fait donc souvent partie du traitement de l’incontinence anale.

💡 Quand et qui consulter ?

Selon votre situation, plusieurs professionnels peuvent intervenir dans la prise en charge.

Il est important de consulter si vous présentez :

  • des fuites répétées de gaz ou de selles
  • une urgence difficile à contrôler
  • une gêne dans la vie sociale ou intime
  • une constipation chronique
  • des symptômes apparus après un accouchement
  • des difficultés à évacuer les selles
  • ou un prolapsus associé

Un bilan adapté permet souvent d’identifier des solutions concrètes et efficaces.

Le médecin généraliste
C’est souvent le premier interlocuteur. Il peut notamment écouter vos symptômes, éliminer certaines causes, initier un traitement du transit et vous orienter vers un spécialiste.
Le gastro-entérologue
Spécialiste du tube digestif, il évalue : le fonctionnement du rectum, les troubles du transit, les maladies digestives associées, et peut demander des examens spécialisés.
Le chirurgien digestif ou colorectal
Il intervient notamment : en cas de prolapsus, de lésions sphinctériennes ou lorsque certaines solutions chirurgicales doivent être envisagées.
Le gynécologue ou l'urogynécologue
Particulièrement important chez les femmes après un accouchement ou en cas de troubles du périnée associés.
Le kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale
La rééducation périnéale et le biofeedback permettent souvent d’améliorer le contrôle des selles et des gaz.

Comment se déroule la prise en charge ?

L’évaluation et le diagnostic de l’incontinence anale

Une consultation avec un professionnel de santé permet d’évaluer :

  • la fréquence et le type des fuites
  • le transit intestinal
  • l’état du périnée
  • les antécédents médicaux et chirurgicaux
  • et l’impact sur la qualité de vie

L’évaluation de l’incontinence anale ne repose pas uniquement sur un examen médical. Les symptômes, leur fréquence et leur impact sur la qualité de vie sont également essentiels pour proposer une prise en charge adaptée.

Pour mieux comprendre votre situation, les professionnels de santé utilisent souvent des outils d’évaluation simples et reconnus : 

  • Le calendrier défécatoire ou “journal des selles”, qui consiste à noter pendant quelques jours les horaires de vos selles, leur consistance, les épisodes de fuites et leur contexte, les sensations d’urgence, les difficultés d’exonération, ou encore les aliments ou situations associés aux symptômes. L’objectif est d’identifier d’éventuels troubles du transit, des facteurs déclenchants, mais aussi de suivre l’évolution des symptômes au fur et à mesure du traitement.
  • L’échelle de Bristol, qui permet d’évaluer la consistance des selles qui joue souvent un rôle majeur dans l’incontinence fécale.
  • Le score de Wexner, qui évalue la sévérité des symptômes et l’importance de l’incontinence anale (principalement fréquence et importance des fuites). L’objectif est d’objectiver les symptômes et de suivre leur évolution au cours de la prise en charge.
  • Le FIQL (Fecal Incontinence Quality of Life), questionnaire permettant de mesurer l’impact réel de l’incontinence fécale sur votre quotidien : vie sociale, sexualité et relations intimes, vie professionnelle, activité physique, sommeil, confiance en soi…

 

Une évaluation précise via ces outils permet de mieux comprendre les mécanismes responsables des fuites, d’adapter le traitement à chaque patient et de suivre les progrès et d’évaluer objectivement l’efficacité des solutions mises en place.

👉 Il peut être très intéressant de remplir un calendrier défécatoire et certains de ces questionnaires avant une consultation et de les apporter au professionnel de santé. Cela peut vous aider à exprimer des difficultés parfois difficiles à verbaliser “à chaud” pendant le rendez-vous, et permet souvent de mieux objectiver les symptômes et d’aider le soignant à proposer une prise en charge plus adaptée.

Beaucoup de patients attendent des années avant d’oser consulter, par honte, pensant qu’il n’existe pas de traitement ou encore que leurs symptômes sont “normaux”.
Pourtant, même lorsque les symptômes sont anciens, des améliorations importantes sont souvent possibles.

Les traitements de l'incontinence anale

La prise en charge de l’incontinence anale dépend toujours des résultats de l’évaluation initiale. Dans de nombreux cas, plusieurs approches complémentaires sont associées afin d’obtenir les meilleurs résultats.

Plusieurs approches peuvent être proposées :

  • Adaptation alimentaire et régulation du transit
  • Rééducation périnéale et biofeedback anorectal
  • Dispositifs médicaux, comme des tampons obturateurs anaux
  • Traitements médicamenteux
  • Chirurgie dans certaines situations

L’objectif n’est pas seulement de diminuer les fuites, mais aussi de permettre aux patients de retrouver confort, autonomie et confiance au quotidien.

Approche n°1

Améliorer le transit intestinal

Le traitement du transit constitue souvent une étape essentielle. Des selles trop liquides sont plus difficiles à retenir, tandis qu’une constipation chronique peut distendre le rectum et favoriser les fuites par regorgement.

La prise en charge peut inclure :

  • des conseils alimentaires
  • une meilleure hydratation
  • un apport adapté en fibres
  • des traitements contre la diarrhée 
  • des traitements de la constipation

Approche n°2

La rééducation périnéale et anorectale

La rééducation périnéale est fréquemment proposée, notamment après un accouchement, en cas de faiblesse sphinctérienne ou lors de troubles périnéaux associés.

Réalisée par un kinésithérapeute spécialisé ou une sage-femme formée, elle vise à :

  • Renforcer les muscles du périnée
  • Améliorer la coordination musculaire
  • Mieux percevoir les sensations rectales
  • Apprendre à mieux contrôler les urgences

Approche n°3

Les tampons obturateurs anaux, une aide discrète et efficace contre les fuites

Les Renew Inserts sont des dispositifs médicaux conçus pour aider à prévenir les fuites de selles et de gaz. Il s’agit de petits tampons anaux qui agissent comme une barrière souple qui aide à limiter les fuites involontaires.

Fabriqués en silicone médical souple, ils sont :

☁️ confortables
🕵🏻‍♂️ très discrets
✅ faciles à utiliser
🧼 hygiéniques

Ils peuvent être portés jour et nuit entre deux selles et permettent à de nombreuses personnes de retrouver davantage de sérénité au quotidien.

Associés à une prise en charge adaptée (rééducation, traitement du transit, suivi médical…), ils peuvent contribuer à réduire significativement les épisodes d’incontinence anale et à améliorer la qualité de vie.

Témoignage sur l'utilisation de Renew 
J’ai trouvé l’utilisation des tampons "Renew extrêmement précieuse. Ils m’ont redonné mon indépendance et ma confiance. Je recommanderais Renew à tous ceux qui ont du mal à faire face à des problèmes comme le mien. L’idée de sortir était terrifiante et je devais planifier mes journées en fonction de la proximité des toilettes. J’ai évité beaucoup de choses, l’impact sur ma vie a été énorme. Alors merci à Renew et à toute votre équipe de m’avoir aidée quand j’en avais le plus besoin." - Paula (témoignage recueilli via le site internet, 2025)

Approche n°4

Les traitements médicamenteux

Selon les situations, certains médicaments peuvent être proposés pour :

  • ralentir le transit
  • diminuer les diarrhées
  • améliorer la consistance des selles
  • ou traiter une constipation associée

Approche n°5

Les traitements mini-invasifs et la chirurgie

Lorsque les symptômes persistent malgré les traitements conservateurs, d’autres options peuvent être envisagées par des équipes spécialisées ::

  • réparation sphinctérienne
  • neuromodulation sacrée
  • injections locales
  • chirurgie du prolapsus

Ces traitements concernent surtout les formes plus sévères ou les situations anatomiques particulières.

Questions fréquentes sur l'incontinence anale

1Peut-on guérir de l’incontinence anale ?
Dans de nombreux cas, les symptômes peuvent être fortement améliorés grâce à une prise en charge adaptée : rééducation, amélioration du transit, dispositifs médicaux ou chirurgie selon les situations.
2L’incontinence anale après accouchement est-elle fréquente ?
Oui. Certaines lésions périnéales ou sphinctériennes liées à l’accouchement peuvent entraîner des difficultés à retenir les gaz ou les selles.
3"Les tampons anaux sont-ils douloureux ?"
Non. Les dispositifs modernes comme les Renew Inserts sont conçus en silicone médical souple pour être confortables et discrets.
4“Je ne sais pas si j’ai de l’incontinence… ça compte si c’est juste des petites traces ou des gaz que je contrôle mal ?”
Oui, ça peut en faire partie. L’incontinence anale ne se résume pas à des “accidents importants”. Cela peut être très discret : difficulté à retenir des gaz, petites fuites, sensation de ne pas être complètement “propre” après être allé(e) à la selle… Si ça vous fait douter ou vous gêne, c’est déjà suffisant pour s’y intéresser.
5“Ça m’arrive de temps en temps, pas tous les jours. C’est grave ?”
Pas forcément grave, mais ce n’est pas à ignorer non plus. Beaucoup de troubles commencent de façon occasionnelle. Plus on comprend tôt ce qui se passe, plus c’est simple à améliorer.
6“Est-ce que c’est lié à mon accouchement / à ma constipation / à mon âge ?”
Souvent, oui… mais rarement à une seule cause. Un accouchement, des efforts de poussée répétés (constipation), une chirurgie, ou simplement le temps qui passe peuvent jouer. C’est souvent un mélange de facteurs.
7“Pourquoi j’ai l’impression que ce n’est pas ‘fini’ après être allé(e) à la selle ?”
C’est une sensation très fréquente. Elle peut être liée à un rectum qui ne se vide pas complètement (à cause d’une rectocèle par exemple), à une coordination imparfaite, ou à une posture peu adaptée aux toilettes. Bonne nouvelle : ça se travaille.
8“Est-ce qu’il y a des solutions ou je dois faire avec ?”
Il y a des solutions. Parfois simples : posture aux toilettes, respiration, gestion du transit. Parfois avec un accompagnement : rééducation pelvi-périnéale, conseils personnalisés… Parfois avec un dispositif médical : tampon obturateur anal pour aider à gérer les fuites. Dans tous les cas, vous n’êtes pas obligé(e) de “faire avec”.
9“À partir de quand je devrais consulter ?”
Dès que vous vous posez la question, en réalité. Pas besoin d’attendre que cela devienne fréquent ou handicapant. En parler tôt, c’est souvent ce qui fait la différence.
10“Est-ce que je dois porter des protections ‘au cas où’ ?”
Certaines personnes le font pour se rassurer, ponctuellement. Mais si cela devient systématique, c’est souvent le signe que le problème mérite d’être pris en charge plutôt que contourné.
11“Pourquoi ça arrive surtout quand je marche longtemps / fais du sport ?”
Les efforts, les impacts ou la fatigue musculaire peuvent diminuer le contrôle. C’est un indice intéressant : cela peut orienter vers un travail de coordination et de renforcement adapté.
12“Est-ce que mon alimentation peut jouer ?”
Oui, énormément. Un transit trop rapide (selles liquides) ou au contraire trop lent (constipation) peut favoriser les fuites ou les sensations d’inconfort. Parfois, ajuster quelques habitudes alimentaires peut déjà beaucoup changer les choses.
13“Est-ce que ça peut s’aggraver si je ne fais rien ?”
Parfois oui, parfois non. Mais attendre ne fait généralement pas disparaître le problème. À l’inverse, une prise en charge précoce peut vraiment améliorer la situation.
14“Je me sens hyper vigilante tout le temps, c’est normal ?”
Oui, c’est très fréquent. Quand on doute de son corps, on anticipe, on contrôle, on surveille… et ça peut devenir mentalement fatigant. Retrouver de la confiance fait partie du travail.
15“Est-ce que je dois arrêter certaines activités ?”
Pas forcément. L’objectif n’est pas de se restreindre, mais d’adapter et de comprendre ce qui se passe pour pouvoir continuer à vivre normalement.
16“Pourquoi personne ne m’en a parlé avant ?”
Parce que c’est encore un sujet tabou, même dans le parcours de soin, et que tous les professionnels de santé ne sont pas suffisamment formés sur le sujet. Mais les choses évoluent... et le fait que vous lisiez ces lignes en fait partie 💛
17Comment aborder le sujet en consultation ?
Avec vos mots, simplement. Vous pouvez dire par exemple : “Je ne contrôle pas toujours bien les gaz” ou “J’ai parfois des petites fuites après être allée à la selle”. Les professionnels de santé sont habitués à ces situations, vous n’avez rien à “bien formuler”, ni à vous sentir gêné(e). Le soignant que vous consultez vous posera les bonnes questions pour comprendre et vous orienter vers la bonne prise en charge.
18“Qui consulter ?”
Vous pouvez déjà en parler à votre médecin traitant, ou bien consulter un spécialiste (gastro-entérologue) ou encore un masseur-kinésithérapeute ou une sage-femme. Vous serez ensuiteorienté(e) vers le bon professionnel de santé pour une prise en charge adaptée.

Retrouver confiance est possible

L’incontinence anale peut être difficile à vivre, mais elle ne doit pas être subie dans le silence ou l’isolement. Parler de ses symptômes est souvent la première étape vers une amélioration réelle de la qualité de vie. Aujourd’hui, des solutions existent pour vous aider à retrouver du confort, du contrôle, de l’autonomie et de la sérénité. Parce qu’aucune personne ne devrait renoncer à sortir, voyager, travailler ou voir ses proches à cause de la peur des fuites. ❤︎